Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les Sens du Monde

1 an autour du monde en passant par L'AMERIQUE DU SUD, L'OCEANIE et L'ASIE

AMBRYM

Publié le 29 Septembre 2014 par Fabien in 4-RECITS

Mon frère s’était organisé un trek sur cette île très sauvage pour aller voir deux fabuleux volcans, le MARUM et le BENBOW. Endroit unique au monde où l'on peut voir deux lacs de lave ; il faut savoir qu'il existe uniquement six lacs de ce type sur l'ensemble du globe. A l’époque il y avait peu de tourisme, il était parti seul avec un porteur. Je me souviens de photos où son guide avait tué une roussette pour le repas, de paysages ravinés par des laars, des cratères aux falaises gigantesques et les fameux lacs de lave où le magma bouillonnait. Il m'avait raconté aussi comment ils étaient restés bloqués au retour car le bord d'un cyclone passait dans les parages et les rivières étaient en crue.

Arrivés la veille sur l'ile d'EFATE où se trouve la capitale PORT-VILA, nous partons sur Ambrym le lendemain matin sur les conseils de Laurent, un expatrié qui se charge d'organiser sans frais les séjours des Français au Vanuatu. Les petits avions inter-îles (17 places) sont tels que me l'avait raconté mes parents ; le cockpit est ouvert coté passagers et on voit le pilote et le co-pilote durant tout le trajet, les pistes sont herbeuses et trop courtes à mon goût, on frôle les cocotiers à l’atterrissage et au décollage. Nous nous arrêtons en route sur une toute petite île Paama pour laisser quelques villageois et des colis, le pilote un jeune Australien fume une cigarette en attendant puis nous repartons presque à vide pour Ambrym où un certain Walter doit nous attendre.

Au bout de la piste herbeuse une construction de la taille d'un garage fait office d’aéroport, sur un des murs une affiche signale qu'il est interdit d’emmener des cochons avec soit dans l'avion.

Walter n'est pas là mais Joses est envoyé par lui pour nous amener au village d'Endu à 1h30 de pick-up par la piste. Joses est guide et a été formé sur le tas comme volcanologue par le Géo-hazard department. Il est mandaté par cet organisme de surveillance des volcans pour prévenir les touristes que les lacs de lave ne sont pas accessibles. Le Marum et le Benbow sont en effet en alerte niveau 2, trop de dégazage car les lacs ont une activité plus élevée que la normale et de nombreux tremblements de terre secouent la caldeira laissent présager du pire. De plus nous ne pourrons pas faire la traversée est-ouest en trek car le deuxième aéroport est fermé pour un problème coutumier.

Nous encaissons les deux mauvaises nouvelles et nous plions aux règles de sécurité (si on veut approcher les lacs c'est à nos risques et périls).

Le contact avec Joses passe très bien, il est plein d'humour et au final sera notre guide pour monter dans la caldeira. Nous arrivons au petit village d'Endu où Walter et sa femme Rona nous attendent.

Walter est anglophone et Rona francophone. Nous nous installons dans notre superbe paillote et ils nous convient au repas. On se régale, papayes, bananes et viande de porc cuites au lait de coco, taro, igname et eau de pluie filtrée comme boisson.

Les Vanuatais sont tel que mon frère et mes parents me les avaient décrits, adorables et toujours souriants que se soit les enfants ou les adultes.

Ici la sieste est une institution, après le repas nous sommes conviés à faire de même, nous nous installons sous notre moustiquaire (les Vanuatu sont en zone 3 en ce qui concerne le paludisme)

Après deux heures de repos, Walter demande à son fils Ola de nous montrer la plage près du village.

Nous voilà en train de suivre le gamin à travers le village et aussitôt ce sont une bonne dizaine d'enfants de 5 à 8 ans qui se joignent à nous. C'est un vrai spectacle, ils débusquent les petits cochons cachés dans la végétation, plongent sans arrêt à droite ou à gauche dans la brousse dense autour de nous et partent en courant devant sur le chemin, nous laissant seuls avec la plus petite du groupe Johanna, une gamine de 5 ou 6 ans qui a une bouille adorable. Elle marche derrière moi et n’arrête pas de dévisager Valérie qui marche derrière elle ce qui fait que quand je m’arrête de marcher elle me rentre dedans à chaque fois en nous faisant de grands sourires.

Nous arrivons à la plage de sable gris, la vision est superbe, des femmes cassent des espèces de noix que nous ne connaissons pas avec des pierres et nous en propose d'emblée toujours en souriant, les fruits ont un goût d'amande fraîche. Nous rejoignons Ola et le groupe d'enfants que nous suivions à une cinquantaine de mètres de là, ils font des pirouettes dans le sable, dans les rouleaux, tirent sur des sortes de plantes qui ressemblent à des liserons pour récupérer de grandes tiges de plusieurs mètres avec lesquelles ils font du tir à la corde. Pendant que les gamins ont stoppé un moment leurs jeux et sont allés récupérer leur goûter auprès des femmes (des tranches de concombre) Je trouve un joli coquillage vert et le donne à Valérie. Au même moment un petit de 5-6 ans et une fille d'une douzaine d'année nommée Lisa nous apportent à nous aussi des tranches de concombre, Valérie remercie les femmes au loin qui nous répondent d'un signe de tête. Mon geste de donner le coquillage à Valérie n'est pas passé inaperçu aussitôt plusieurs gamins filles et garçons cherchent et lui ramène plein de coquillages. Valérie ayant les mains pleines, je lui passe une demi noix de coco pour servir de récipient. Pendant que certain continuent à ramasser des coquillages, d'autres enfants jouent à récupérer des pierres ponces qui s’échouent sur la plage et les rejettent au loin dans les vagues, la lumière rasante est magnifique, la nuit va bientôt tomber, les femmes nous font signe à nous et aux enfants de rentrer au village. Aucune protestation de la part des gamins, c'est un autre monde... j'en voudrais une dizaine comme ça !

Nous rentrons avec femmes et enfants au village. A l'arrivée Valérie distribue des ballons baudruches et nous finissons par connaître tous les enfants du coin car ceux qui on un ballon vont chercher ceux qui n'en n'ont pas encore un. Nous prenons un autre excellent repas que nous partageons ce coup ci avec Walter, Rona et la maman de Walter (à midi nous avions mangé seul sous leurs regards bienveillant) et partons nous coucher tôt, nous aussi avec le sourire aux lèvres, c'est contagieux. Le lendemain une belle journée nous attend, la montée dans la caldeira.

Avion pour l’île d'Ambrym.

Avion pour l’île d'Ambrym.

Jeune pilote Australien.

Jeune pilote Australien.

Enfants jouant sur la plage près du village d'Endu.

Enfants jouant sur la plage près du village d'Endu.

Ramassage de coquillages

Ramassage de coquillages

AMBRYM
AMBRYM
Notre petite paillote au milieu du village.

Notre petite paillote au milieu du village.

La terrasse

La terrasse

Commenter cet article