Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les Sens du Monde

1 an autour du monde en passant par L'AMERIQUE DU SUD, L'OCEANIE et L'ASIE

KAÏKEN

Publié le 20 Mai 2015 par Fabien in 9-UN LIVRE UN LIEU

Depuis un petit moment j'avais repéré ce livre de Jean-Christophe Grangé.

J'en ai profité de le lire au Japon. Comme souvent dans ses roman l'intrigue est assez glauque, mais dans la partie finale, j'ai vraiment retrouvé l'ambiance que l'on à vu au pays du soleil levant.

Kaïken

Quatrième de couverture.

Extrait

LA PLUIE.
Le mois de juin le plus merdique de tous les temps. Depuis plusieurs semaines, la même rengaine, grise, trempée, glaciale. Et c'était pire encore la nuit. Le commandant Olivier Passan fit claquer la culasse de son Px4 Storm SD et le posa sur ses genoux, cran de sûreté levé. Il reprit le volant de la main gauche et saisit de l'autre son Iphone. Le programme GPS tournait sur l'écran tactile, éclairant son visage par en dessous, façon vampire.
- On est où ? grogna Fifi. Putain, on est où, là ?
Passan ne répondit pas. Ils roulaient lentement, phares éteints, distinguant à peine le décor. Un labyrinthe circulaire, à la Borges. Des murs courbes tapissés de briques et d'enduit rosâtre, multipliant les entrées, les allées, les détours, mais repoussant toujours l'intrus vers l'extérieur, à la manière d'une muraille de Chine qui tournerait sur elle-même, protégeant un centre mystérieux.
Le labyrinthe n'était qu'une cité classée ZFU : zone franche urbaine. Le Clos-Saint-Lazare, à Stains.
- On a pas le droit d'être là, marmonna Fifi. Si le SRPJ du 9-3 apprend que...
- Ta gueule.
Passan lui avait demandé de se vêtir sobrement pour ne pas attirer l'attention. Et voilà le tableau : le flic arborait une chemise hawaiienne et un short rouge de skateur. Olivier préférait ne pas savoir ce qu'il s'était envoyé avant de le rejoindre. Vodka, amphètes, coke... Sans doute les trois.
Tenant toujours le volant, il attrapa sur la banquette arrière un gilet balistique - il portait le même sous sa veste :
- Enfile ça.
- Pas besoin.
- Fous ça, j'te dis : avec ta chemise, on dirait un travelo à la Gay Pride.
Fifi, alias Philippe Delluc, s'exécuta. Olivier l'observa en douce. Tignasse oxygénée, cicatrices d'acné, piercings au coin des lèvres. Son col ouvert laissait entrevoir la gueule d'un dragon fiévreux qui lui dévorait le bras et l'épaule gauches. Aujourd'hui encore, après trois ans d'équipe, Passan se demandait comment un tel lascar avait pu survivre aux dix-huit mois réglementaires de l'ENSOP, aux entretiens de motivation, aux visites médicales...
Mais le résultat était là. Un flic capable d'atteindre une cible au.9 mm à plus de cinquante mètres en utilisant indifféremment la main droite ou la gauche, comme de passer plusieurs nuits successives à éplucher des fadettes sans manquer une ligne. Un lieutenant à peine âgé de trente ans qui avait déjà essuyé le feu au moins cinq fois sans reculer. Le meilleur second qu'il ait jamais eu.
- Refile-moi l'adresse.
Fifi arracha le Post-it collé au tableau de bord :
- 134, rue Sadi-Carnot.
Selon le GPS, ils étaient tout près mais ils ne cessaient de croiser d'autres noms : rue Nelson-Mandela, square Molière, avenue Pablo-Picasso... Tous les dix mètres, un dos-d'âne secouait la voiture. Ces bosses à répétition commençaient à lui filer la gerbe.

Commenter cet article